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La côte sud de Terre-Neuve nous accueille sous un manteau de
brouillard... Arrivés dans l'après-midi du dimanche 20 par le
traversier de Sydney à Port-aux-Basques, nous allons directement
à Rose-Blanche après avoir fait quelques courses de dernière
minute. La route est dégagée, mais le brouillard
dissimule entièrement la côte. A Rose-Blanche, on ne voit pas à
100 m devant soi. Il y a tellement d'humidité que de minuscules gouttes d'eau perlent instantanément sur nos cheveux. Tout se mouille
au contact de l'air. Après un chaleureux souper de fruits de mer au Fisherman's Friend, nous reportons au lendemain la décision du départ. Sur l'aimable invitation des gardiens, nous montons la tente près de Rose Blanche
Point et de son phare invisible, à l'abri du kiosque de concert.
A l'origine, notre plan était de partir de Rose-Blanche aujourd'hui, le
21 juillet pour arriver dans deux semaines à François, d'où nous
pourrions revenir grâce au service de navette côtière. Ces dates sont critiques car le trajet de retour ne peut se faire qu'une fois par semaine. À notre
réveil, le temps est encore complètement bouché et la météo ne prévoit
pas d'amélioration dans les 5 ou 6 jours à venir. Cela fait 15
jours que la côte est sous le brouillard... Nous faisons donc
demi-tour et passons le reste de cette semaine pluvieuse près de Rocky
Harbour dans le Parc national de Gros-Morne et dans la péninsule Nord
de Terre-Neuve (Parc provincial de Pistolet Bay, à Raleigh).
Si nous sommes un peu déçus de ne pas pouvoir partir et du temps
maussade qui nous accompagne, ces quelques jours nous permettent de
découvrir et d'apprécier cette région peu habitée de Terre-Neuve.
A Gros-Morne, nous
découvrons des paysages de haute montagne presque au niveau de la mer -
et les orignaux. De Burnt Cape à Raleigh, nous entrevoyons, entre
deux bancs de brume, les côtes de la Basse Côte Nord et du Labrador,
l'île de Belle-Île et quelques gros icebergs. Lors d'une belle
randonnée au Cap Onion, nous apercevons quelques baleines à bosse sauter au loin. Un cachalot passe devant nous, au pied des falaises. Nous rencontrons les Vikings de l'Anse-aux-Meadows et
reculons avec eux de 1000 ans pour essayer de percer le mystère de
leur présence ici.
Au bout d'une semaine, le lundi 28, la météo annonce enfin un
changement de temps et un coup de vent du nord chasse les nuages. Nous filons vers le sud avec un arrêt à Corner
Brook. Le lendemain, le ciel est enfin ensoleillé et nous
bifurquons vers Burgeo où nous découvrons une mer turquoise sur les
plages de sable fin du Parc provincial de Sandbanks. Abandonnant la première partie du voyage, nous partirons d'ici vers l'est. La nuit passe vite dans l'anticipation de ce départ retardé.
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