Terre-Neuve
vit - et meurt - au rythme de
la
mer. Sans compter le Labrador, elle offre plus de 15 000 km de
côtes et c’est le long des côtes qu’elle a toujours vécu, longtemps
avant que les Vikings et les pêcheurs basques ne la découvrent.
Malheureusement, la pêche industrielle a dévasté les fonds marins.
L’océan que l’on croyait inépuisable ne suffit plus à faire vivre ceux
qu’il nourrissait. Les artisans de la mer abandonnent petit à
petit leurs villages pour trouver du travail “ailleurs”...
Auparavant ponctuée de
petits
villages et de
hameaux isolés, la côte
sud-ouest de Terre-Neuve conserve non seulement des traces récentes de
ce mode de vie mais a pu préserver certains de ses villages.
Sur les 200 km (à vol
d’oiseau) qui
séparent
Rose-Blanche de Hermitage,
le seul accès routier possible est situé à Burgeo. Profitant de
quelques jours de beau temps, c’est de là que nous sommes partis à la
découverte de la partie la plus exposée de cette côte. Sans que nous le sachions, nos kayaks se sont doucement transformés en machine à sortir du temps... Nous en sommes revenus la tête pleine d’images magnifiques mais aussi l’esprit déchiré par le drame quotidien de la fin d’un mode de vie.
À la fin de notre voyage,
sous la pluie à Port-aux-Basques, nous avons demandé à un jeune homme
rencontré par hasard ce qu'il voulait faire après ses études.
"Partir! Il n'y a rien ici que des mouettes et des
rochers..." Voici ce que nous avons recueilli, entre mouettes et rochers...


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